Transhumance en Vallée de Barétous

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Mardi 21 septembre 2010, dans le courant de l’après-midi, Yves, Denis, Joël et Maurice parcourent les estives pour rassembler les brebis, puis ils dirigent celles-ci vers le parc de contention où elles passeront leur dernière nuit avant le grand retour dans la plaine. Il est un peu plus de 19 heures quand les renforts arrivent. Louis, Christian, Marcel, Philippe et Marc viennent prêter main-forte à la première équipe pour accrocher les cloches de routes, autour du cou des ovins. La scène se déroule sous les regards, concentrés et intéressés, de cinq vautours juchés sur la barre rocheuse qui surplombe l’enclos.

  

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20 heures, les bêtes sont soignées, il est temps de préparer le repas et entamer la veillée pastorale. La soirée s’annonce très conviviale, il faut dire que l’ambiance et la bonne humeur règnent dans la cabane. On se remémore de bons souvenirs de bergers. Louis qui revient tout fringant de son périple transhumant en Bigorre n’est pas avare d’anecdotes pour alimenter la conversation. On frappe à la porte, Nicolas et Pierre, les deux jeunes frangins bergers du cayolar voisin, viennent se joindre à la fête accompagnés de Cédric. Les jeunes parlent avec passion de leur métier et de l’amour de la terre, sous l’œil attendri de Maurice qui affiche fièrement ses quatre vingt printemps. La soirée avance, le réveil sera tôt, mais qu’importe, il faut avant tout rester fidèle à la tradition et les chants Béarnais résonneront dans la montagne fort tard dans la nuit. Il se murmure même que le renard coquin ; vous savez celui qui mordille le crâne des campeurs dans la montagne Barétounaise, serait venu tendre l’oreille pour écouter les mélodies, avant que le cayolar ne plonge dans un paisible sommeil. 

  

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6h30, tout le monde est sur le pont pour mettre la main à la patte des derniers rangements et préparatifs. Le groupe est maintenant au complet, Pierre l’Aspois, Barétounais d’adoption, vient d’arriver.  

7h30, les premières lueurs du jour illuminent la montagne offrant un spectacle féerique. C’est l’heure choisie pour donner le départ du haut de ces 1 700 mètres en limite de la frontière espagnole et amorcer la descente du troupeau sur les 30 km qui séparent les alpages de la Pierre Saint Martin et la plaine d’Aramits. 

 

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La journée sera chaude en ce mercredi de septembre, le mercure est annoncé entre 27 et 29° dans le Haut Béarn, il ne faut donc pas traîner. Les brebis encadrées par les hommes, dévalent les premières pentes dans un impressionnant tintement des sonnailles qui résonnent dans la montagne. Perle, le chien berger, jugé trop fougueux ce jour là effectuera la descente dans la voiture balai qui se tient à l’arrière pour sécuriser et signaler la présence du troupeau.

  

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10h30 arrivée au plateau de Chousse et arrêt obligatoire, la restauration s’impose à tous. Pierrot le chef d’intendance, vient d’arriver d’Aramits pour ravitailler l’équipe. Le menu du matin : omelette chaude aux piments, jambon et ventrèche, fromage de brebis, fruits, café. Pour boisson l’eau fraîche est de mise, il faut garder l’esprit clair pour mener le troupeau à bon port.  

Vingt minutes se sont écoulées, le temps de rassembler les brebis qui savourent les derniers brins montagnards et nous voilà déjà prêts pour entamer la deuxième partie du voyage. Par cette belle journée, les touristes encore nombreux dans la région se réjouissent de cette rencontre. Les vitres des voitures se baissent les flashs des appareils photos ou des téléphones portables crépitent. Les saluts et questions se succèdent, l’équipe de transhumants s’empresse de répondre, avec sympathie et courtoisie, pendant un court instant.

  

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13h30, le troupeau traverse le village d’Arette, de nombreux villageois se pressent devant leur pas de porte ou aux fenêtres pour communier avec cette tradition ancestrale. Marine et Rémy, les enfants d’ Yves le berger et de son épouse Martine, viennent rejoindre le groupe pour effectuer les dix derniers kilomètres.  

15 heures, on aborde la dernière ligne droite, c’est la traversée d’Aramits. Les brebis, sentant sûrement la proximité des verts pâturages de Gourroure où elles prendront leur quartier d’hiver, accélèrent le pas. 

 

NC 0030ferme Escribassé

 

15h30, la transhumance s’achève, les bêtes et les hommes aspirent à un repos bien mérité.  

16 heures, toute l’équipe se retrouve à la ferme Escribassé pour déguster l’excellent repas dont la poule au pot préparé avec amour par Martine et Amélie. Enfin, pour se réconforter, les nectars des vignobles de Madiran et de Bordeaux vont pouvoir couler et satisfaire les fins palais, avec toutefois modération.

 

Le 29 septembre 2010

                                                                                                                   André LABARTHE

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